Le problème

La dyslexie présente un impact sur l’individu, la société et l’économie au sens large.

La dyslexie est d’origine neurologique et est souvent héréditaire. Elle induit des difficultés de lecture, d’écriture, d’orthographe et d’organisation. La dyslexie rend la lecture fluide difficile, ce qui affecte non seulement la réussite scolaire, mais aussi l’estime de soi et le développement socio-affectif.

La dyslexie et l’individu

La dyslexie, également connue sous le nom de difficulté spécifique de lecture, est la forme la plus courante des troubles de l’apprentissage, avec une prévalence de 10 pour cent ou plus sur une population donnée, en fonction du système orthographique, du type et du degré de la dyslexie, de l’âge évalué, et des méthodes d’échantillonnage utilisées.

Avec une population mondiale de plus de 7 milliards d’habitants, cette différence d’apprentissage a clairement une incidence sur un grand nombre d’enfants et d’adultes, avec des conséquences importantes tout au long de leur vie.

Cependant, avec des interventions précoces par des enseignants formés à la dyslexie, et sa gestion via des programmes adéquats, les apprenants présentant une dyslexie peuvent éviter de tomber dans la dépression et la spirale de l’échec.

L’imagerie par résonance magnétique montre que le cerveau des personnes dyslexiques se développe et fonctionne d’une manière différente. Leurs capacités pour la pensée intuitive et imaginative, ainsi que pour l’inventivité et la créativité, sont indéniables. Certaines personnes souffrant de dyslexie et qui ont eu la possibilité et la motivation nécessaire pour gérer leur dyslexie en ont triomphé, et sont devenues des célébrités dans leurs domaines, comme John Chambers, président et chef de la direction de Cisco Systems Inc.

Mais, de nos jours, il y a encore des apprenants dyslexiques qui ne sont pas diagnostiqués au cours de leur parcours scolaire. Ils sont confrontés à la souffrance de l’échec dès le début de leur vie, et leur motivation à apprendre est vite compromise. Ils manquent de confiance en eux et loin d’être encouragés dans leurs capacités, ils sont hélas considérés comme paresseux ou perturbateurs par des enseignants dépourvus de méthodes adéquates, qui ne sont pas formés à faire face à la dyslexie.

La dyslexie et la société

Sans une identification et une intervention efficace, l’impact de la dyslexie peut être important et à long terme, non seulement pour l’individu, mais pour la société dans son ensemble.

Les effets à long terme de la dyslexie sur les jeunes adultes incluent l’échec scolaire, la dépression, le risque accru de suicide, la délinquance et la récidive.

Sans compétences adéquates d’alphabétisation pour lire les panneaux, remplir des formulaires ou écrire des e-mails, l’intégration sociale n’est pas à la portée des jeunes souffrant de dyslexie qui n’ont que le choix de rester dépendants de la société.

Les enquêtes montrent que, parmi le pourcentage élevé d’analphabètes en milieu carcéral, un nombre disproportionné est dyslexique.

Dans les pays où l’accès à l’éducation est limité, l’éducation représente un luxe que seuls les personnes fortunées peuvent procurer à leurs enfants afin qu’ils échappent à l’analphabétisme. Cela va à l’encontre de l’article 26 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme adoptée par les Nations Unies, qui stipule que chacun a le droit à une éducation gratuite et obligatoire au moins aux niveaux élémentaires et fondamentaux et que l’éducation « doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine … »

Même dans les pays industrialisés où l’enseignement public est disponible pour les enfants de tous les milieux, des moyens déséquilibrés peuvent engendrer de grandes lacunes dans les services offerts aux étudiants ayant des besoins spéciaux. Si l’égalité des individus et le succès sociétal sont un objectif à atteindre, les étudiants de toutes nationalités et horizons sont en droit d’accéder à un enseignement qui tienne compte de leurs difficultés et des enseignants sachant déceler leurs lacunes et capables d’y remédier.

Dyslexie et Economie

Dans un rapport publié en 2006 par la Fondation KPMG (Royaume-Uni), intitulé « Les coûts à long terme des difficultés d’alphabétisation », les coûts globaux pour la société engendrés quand l’analphabétisme dû à la dyslexie est ignorée ont été analysés. Ils comprennent les coûts sociaux, le chômage, les problèmes de santé mentale qui en découlent et les programmes correctifs ainsi que les frais occasionnés par les comportements antisociaux, comme l’abus de drogues, les grossesses précoces et le plus important de tous, la confrontation à la justice pénale.

Au Royaume-Uni, rapporte KPMG, «le coût total pour les finances publiques résultant de l’échec de maîtrise des compétences de base d’alphabétisation à l’école primaire est estimé entre £ 5000 et £ 43 000 par personne à l’âge de 37 ans, et entre £ 5000 et £ 64 000 sur toute une vie. Ce montant à un total de 198 millions de livres pour £ 2,5 milliards chaque année « qui dépasse de loin les coûts d’une intervention précoce de qualité ».

A chaque niveau, la dyslexie et ses répercussions sont une cause de préoccupation publique et un appel urgent à l’action par les responsables de l’éducation et des décideurs en matière d’éducation.