Anatomie

En 1985, Albert Galaburda et ses collaborateurs ont disséqué les cerveaux de quatre hommes dont l’âge se situait entre 14 et 32 ans et qui avaient été diagnostiqués comme dyslexiques durant leur vie.

Ils étaient gauchers et on relevait plusieurs maladies auto-immunes et autres maladies dans leurs histoires personnelles et familiales. Tous les cerveaux présentaient des anomalies développementales du cortex cérébral. Ces anomalies consistaient en ectopies neuronales (cellules ayant migré au mauvais endroit) et en d’autres anomalies affectant principalement l’hémisphère gauche. En outre, tous les cerveaux présentaient un écart par rapport au modèle standard d’asymétrie cérébrale et se caractérisaient plutôt par la symétrie du planum temporal, qui fait partie de la zone de Wernicke, une zone fonctionnelle du langage. Celle-ci se situe sous la fissure sylvienne qui sépare les lobes frontal et pariétal du lobe temporal.

Dans une étude ultérieure, réalisée en 2006, Galburda et ses collaborateurs ont reproduit des ectopies sur des rats.

Galburda et al., ‘Developmental dyslexia : Four consecutive patients with cortical anomalies (Dyslexie développementale : quatre patients successifs présentant des anomalies du cortex)’,Annals of neurology, 1985, Volume 18; Galburda et al., ‘From genes to behavior in developmental dyslexia (Des gènes au comportement dans la dyslexie développementale)’, Nature Neuroscience, 2006, Volume 9 (10)

Un deuxième exemple d’anatomie utilise une technique d’imagerie relativement récente, appelée « imagerie du tenseur de diffusion (ITD) ».

Il est clair que ces canaux de communication, les faisceaux d’axones entre les zones du cerveau, appelés fascicules, à l’intérieur du cerveau et sous le cortex, doivent être correctement constitués afin de bien fonctionner et de transmettre l’information de manière rapide et sûre.

Daniela Perani et collaborateurs ont produit des images tractrographiques de bébés âgés de deux jours et les ont comparées avec celles d’adultes, montrant que certains réseaux neuronaux applicables au langage sont présents dès la naissance.

Vous pouvez voir que le passage inférieur, en vert, est présent dès la naissance, bien qu’il soit plus développé chez les adultes.  Ensuite, il existe deux passages supérieurs, dont l’un présente une différence notable entre les bébés et les adultes : le passage en bleu n’est présent que chez les adultes, ce qui implique un développement par l’exposition au langage.  Il existe également une différence entre les hémisphères à la fois chez les bébés et les adultes (Hémisphère Gauche – LH – et Hémisphère Droit – RH -).

(A signifie antérieur ; S supérieur ; F fascicule ; L longitudinal)

Perani, D. et al., ‘Neural language networks at birth’ (Réseaux neuronaux du langage à la naissance), Proceedings of the National Academy of Sciences, Vol 108, no. 38, pp 16056-16061, septembre 2011 (reproduction autorisée)

L’ITD révèle quelque chose de ces structures parce qu’elle peut mettre en lumière, au moyen d’une image tridimensionnelle, la force de l’orientation et de la cohérence le long d’un axe particulier. Lorsqu’il existe un axe prédominant, l’image est dite « anisotropique ». Torkel Klingberg et ses collaborateurs écrivent que l’anisotropie est déterminée par un nombre de facteurs liés à la microstructure des nerfs : l’intégrité des membranes cellulaires, le nombre et l’intégrité de la myéline, la cohérence de l’orientation axonale, ainsi que le nombre et la taille des axones. Une myélination plus importante présentera une anisotropie supérieure.

Ceci laisse penser que les communications rapides entre les zones du cerveau peuvent être endommagées et que ceci, à son tour, pourrait affecter sa fonction d’intégration.

Klingberg, T., Hedehus, M., Temple, E., Salz, T., Gabrieli, J.D.E., Moseley, M.E. and Poldrack, R.A. (2000) ‘Microstructure of Tempero-Parietal White Matter as a Basis for Reading Ability: Evidence from Diffusion Tensor Magnetic Resonance Imaging’,Neuron25, pp 493 – 500      

(L’image présentée dans l’introduction résulte d’un perfectionnement récent de l’ITD, appelée « imagerie du spectre de diffusion » – ISD -).

Les problèmes ne résident pas toujours uniquement dans le cortex cérébral. Le cerveau doit contrôler la trajectoire exacte de la partie centrale la plus sensible de l’œil lorsque nous lisons. L’un des circuits de l’œil vers le cortex cérébral, composé des nerfs « magnocellulaires », peut également être endommagé. De même, les voies auditives peuvent montrer des faiblesses. Ces facteurs zffecteront le rapidité de traitement, qui est déterminante dans l’intégration de l’information provenant de nos sens.  Il existe des recherches montrant que d’autres structures subcorticales comme le cerebellum (“Petit cerveau”) sont impliquées.